Aller au contenu principal
Logo Comptables Bégin & Associés
À propos Services
Nous contacter

Impôt et succession au Québec : ce que le liquidateur doit faire

Ce qui devient imposable au décès, les déclarations à produire, les dates limites et le certificat à obtenir avant de distribuer les biens.

Publié le 6 octobre 2026 · Blogue · Comptables Bégin & Associés, Lévis

Professionnelle qui examine des documents fiscaux étalés sur un bureau

Au Québec, les héritiers ne paient pas de droits de succession. L'impôt est payé par la personne décédée, dans sa dernière déclaration de revenus, puis par la succession sur les revenus gagnés après le décès. Le rôle du liquidateur est de produire ces déclarations et, surtout, d'obtenir un certificat de Revenu Québec avant de distribuer quoi que ce soit : s'il distribue sans ce certificat, il devient personnellement responsable des sommes dues.

Voici ce qui devient imposable au décès, les déclarations à produire, les dates limites exactes et les pièges qui coûtent le plus cher. Si vous préférez déléguer, notre cabinet prend en charge la préparation et la production des déclarations fiscales dans les dossiers de succession.

Y a-t-il un impôt sur l'héritage au Québec ?

Non. Il n'existe ni droits de succession ni taxe sur l'héritage au Québec. Personne ne prélève un pourcentage fixe sur ce que vous recevez.

Ce qui existe, c'est l'impôt de la personne décédée. Au moment du décès, le fisc considère qu'elle a réalisé ses revenus de l'année et disposé de ses biens. Cet impôt est calculé à ses propres taux, dans sa dernière déclaration, et il se paie à même la succession. Les héritiers reçoivent donc ce qui reste après impôt — ce qui explique l'impression qu'un pourcentage a été « prélevé sur l'héritage ».

La facture varie énormément d'un dossier à l'autre : une succession composée d'une résidence principale et d'un compte bancaire peut ne générer presque aucun impôt, alors qu'un dossier avec un chalet, un immeuble à revenus et un REER important peut en générer beaucoup.

Qu'est-ce qui devient imposable au décès ?

La disposition réputée des biens

C'est la règle qui surprend le plus. Les biens de la personne décédée sont réputés avoir fait l'objet d'une disposition au décès, même si personne ne les a vendus. L'Agence du revenu du Canada demande de calculer les gains et les pertes en capital imposables pour toute disposition réputée d'objets, de biens et de placements, même s'ils ne sont pas vendus à la date du décès.

Concrètement : il faut établir la valeur de chaque bien à la date du décès, la comparer au coût d'acquisition, et déclarer le gain. C'est pour cette raison que la documentation de la valeur (évaluation, relevés de placement, acte d'achat) est si importante.

REER, FERR et CELI

Les sommes accumulées dans un REER ou un FERR sont généralement ajoutées aux revenus de la dernière déclaration. C'est souvent le poste le plus lourd d'une succession, parce qu'un REER de bonne taille peut propulser le revenu de la dernière année dans les tranches d'imposition les plus élevées.

Des règles de roulement permettent, dans certains cas, de transférer ces sommes au conjoint survivant sans impôt immédiat. Les conditions sont précises et les formulaires doivent être produits dans les délais : c'est un point à valider dossier par dossier, pas à présumer.

La maison, le chalet et les immeubles

L'exemption pour résidence principale peut mettre le gain de la maison familiale à l'abri de l'impôt. Un chalet, un terrain ou un immeuble à revenus, en revanche, génère habituellement un gain en capital imposable au décès.

À retenir pour les héritiers : la valeur marchande à la date du décès devient généralement leur coût d'acquisition. Si l'immeuble est revendu deux ans plus tard à un prix plus élevé, c'est cette hausse-là qui sera imposable entre leurs mains, et non toute la plus-value depuis l'achat original.

Quelles déclarations de revenus faut-il produire ?

Oui, la succession doit produire des déclarations, et souvent plus d'une. Revenu Québec en distingue quatre types.

  • La déclaration principale de l'année du décès (formulaire TP-1 au Québec, T1 au fédéral), qui couvre la période du 1er janvier à la date du décès.
  • Les déclarations distinctes, facultatives, qui permettent de répartir certains revenus dans des déclarations séparées plutôt que de tout empiler dans la déclaration principale. Bien utilisées, elles réduisent l'impôt total.
  • Les déclarations des années précédant le décès, si elles n'ont jamais été produites.
  • La déclaration de revenus des fiducies (TP-646 au Québec, T3 au fédéral), pour les revenus gagnés par la succession après le décès : intérêts, loyers, placements.

Les détails de chaque type figurent dans le Guide pour la déclaration de revenus d'une personne décédée (IN-117) de Revenu Québec, dans sa version 2026-02.

Détail pratique qui fait trébucher bien des liquidateurs : si vous remplissez plus d'une déclaration pour l'année du décès, Revenu Québec exige qu'elles soient transmises par la poste, et non par Internet. Pour tout le reste, nous nous occupons de la transmission électronique des documents fiscaux.

Les dates limites à ne pas manquer

Les délais dépendent du type de déclaration et du mois du décès. Voici les délais de Revenu Québec, en date d'octobre 2026.

DéclarationDécès de janvier à octobreDécès de novembre ou décembre
Déclaration principale (TP-1) de l'année du décèsLe 30 avril de l'année qui suit celle du décès6 mois après la date du décès, jour pour jour
Déclaration (TP-1) de l'année qui précède le décès, si elle n'a pas été produite6 mois après le décès si celui-ci est survenu de janvier à avril ; aucun délai s'il est survenu après le 30 avrilAucun délai, le décès étant survenu après le 30 avril
Déclaration de revenus des fiducies (TP-646)90 jours suivant la fin de l'année d'imposition de la succession, qui correspond généralement à la date anniversaire du décès, puis chaque année suivante où une déclaration est requise

Source : Revenu Québec, Délais de production de la ou des déclarations de revenus. Lorsque la date limite tombe un samedi ou un dimanche, le délai est prolongé jusqu'au jour ouvrable suivant.

Au fédéral, la règle est la même pour la déclaration finale : le 30 avril de l'année suivant le décès si celui-ci est survenu entre le 1er janvier et le 31 octobre, ou 6 mois après le décès s'il est survenu entre le 1er novembre et le 31 décembre. Le solde dû est payable à cette même date, pas plus tard (Agence du revenu du Canada).

Deux avertissements. Si la personne décédée ou son conjoint exploitait une entreprise dans l'année du décès ou l'année précédente, les délais peuvent être différents. Et un décès en novembre ou en décembre raccourcit brutalement le calendrier : six mois, ce n'est pas long quand il faut d'abord retrouver tous les papiers.

Le certificat avant de distribuer : l'étape qu'on oublie

Avant de distribuer les biens ou de payer les dettes, le liquidateur doit obligatoirement obtenir un certificat l'autorisant à distribuer les biens que possédait la personne décédée et les revenus gagnés par la succession après le décès. La demande se fait par la poste avec le formulaire Avis de distribution de biens dans le cas d'une succession (MR-14.A), ou en ligne via Mon dossier si vous êtes l'unique représentant.

Pour l'obtenir, il faut que toutes les déclarations soient produites, que tous les avis de cotisation soient délivrés et que tous les soldes soient payés. Revenu Québec peut aussi délivrer un certificat de distribution partielle en attendant la vérification complète du dossier.

Il existe une soupape : vous pouvez payer certaines dépenses urgentes avant d'obtenir le certificat, pourvu qu'elles ne dépassent pas 12 000 $, par exemple des frais funéraires, d'électricité, de chauffage, d'assurance ou de réparation urgente (Revenu Québec).

Et voici la sanction, qui mérite d'être lue deux fois : si vous distribuez avant d'avoir le certificat, vous devenez personnellement responsable du paiement des sommes dues, jusqu'à concurrence de la valeur des biens distribués. Cette responsabilité dure en règle générale quatre ans à compter de la date de distribution (Revenu Québec).

Le fédéral applique la même logique avec son certificat de décharge : sans lui, le représentant légal est personnellement responsable des montants non payés jusqu'à concurrence du montant des actifs distribués. Il faut donc les deux, Québec et Ottawa.

Ce qu'on voit sur le terrain

Chez Comptables Bégin & Associés, la reconstitution du patrimoine fait partie du mandat de succession, et ce n'est pas un détail : beaucoup de liquidateurs nous arrivent sans inventaire complet. Les relevés de placement sont dans trois institutions différentes, personne ne sait ce que le chalet valait à la date du décès, et le dernier avis de cotisation est introuvable.

Trois réflexes qui changent tout :

  • Documentez les valeurs à la date du décès dès les premières semaines, pendant que l'information est encore accessible. Une valeur marchande non documentée est une valeur contestable.
  • Ne distribuez rien, même à la demande insistante des héritiers, avant d'avoir les deux certificats. C'est vous, et non eux, qui portez le risque pendant quatre ans.
  • Regardez le mois du décès en premier. Un décès de novembre ou de décembre place l'échéance six mois plus tard, souvent avant même que la succession soit organisée.

Notre fondateur, Georges Bégin, exerce comme fiscaliste depuis 50 ans et intervient autant sur les impôts sur le revenu que sur les déclarations successorales. C'est le genre de dossier où l'expérience se voit dans le choix des déclarations distinctes et dans la façon de monter la demande de certificat.

Peut-on réduire l'impôt payable au décès ?

En grande partie, cela se joue avant le décès, pas après. Une fois la personne décédée, les règles sont largement fixées : il reste à produire les bonnes déclarations, à utiliser les déclarations distinctes quand elles s'appliquent et à réclamer toutes les déductions et crédits disponibles. C'est déjà beaucoup, mais ce n'est pas de la magie.

Du vivant, les leviers sont réels : le legs au conjoint et les règles de roulement, le choix du moment pour disposer de certains biens, la désignation des bénéficiaires, l'assurance vie pour financer la facture fiscale plutôt que de forcer la vente d'un immeuble, et la planification de la relève d'une entreprise familiale. Chacun de ces leviers dépend de votre situation : c'est exactement l'objet de nos conseils en gestion et fiscalité.

Si Revenu Québec ou l'Agence du revenu du Canada remet en question une valeur ou refuse une déduction dans un dossier de succession, nous assurons aussi la prise en charge des litiges fiscaux et la représentation auprès des deux administrations.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer dans mes impôts l'héritage que j'ai reçu ?

Le capital que vous recevez n'est généralement pas un revenu à déclarer : l'impôt a déjà été réglé par la succession. Ce qui est imposable, c'est ce que ce bien vous rapporte ensuite, soit les intérêts du montant placé, les loyers de l'immeuble, ou le gain réalisé si vous le revendez plus cher que sa valeur à la date du décès.

Et si la succession n'a pas les liquidités pour payer l'impôt ?

Les déclarations restent dues et les délais ne bougent pas. La solution passe généralement par la vente d'un actif ou une entente de paiement, jamais par une distribution anticipée aux héritiers : rappelez-vous que le liquidateur demeure personnellement responsable jusqu'à concurrence de ce qu'il a distribué. C'est un cas où il faut consulter avant d'agir.

Combien de temps prend le volet fiscal d'une succession ?

Cela dépend du patrimoine et de l'état des documents. Le calendrier minimal est dicté par le processus : produire les déclarations, attendre les avis de cotisation des deux gouvernements, payer les soldes, puis demander les certificats. Et tant que la succession gagne des revenus, une déclaration de fiducie est requise chaque année, dans les 90 jours suivant la fin de son année d'imposition.

Un liquidateur peut-il tout faire lui-même ?

Rien ne l'interdit. Mais trois éléments font souvent pencher la balance : les déclarations distinctes, qui demandent de savoir quel revenu va où ; l'inventaire des biens et des dettes exigé pour la demande de certificat ; et le fait que plus d'une déclaration pour l'année du décès doit être envoyée par la poste. L'erreur n'est pas toujours visible sur le coup, elle apparaît dans l'avis de cotisation, ou quatre ans plus tard.

En résumé

Il n'y a pas d'impôt sur l'héritage au Québec, mais il y a un impôt au décès, des déclarations à produire et des dates limites qui dépendent du mois du décès. Le point le plus risqué reste le même dans tous les dossiers : ne rien distribuer avant d'avoir les certificats de Revenu Québec et de l'Agence du revenu du Canada.

Vous êtes liquidateur et vous ne savez pas par où commencer ? Écrivez-nous ou demandez une rencontre, ou appelez-nous au 418 831 2160. Nous sommes à Lévis et nous accompagnons les successions de la région de Québec.

Information générale à jour en octobre 2026, fondée sur les publications de Revenu Québec et de l'Agence du revenu du Canada. Chaque succession est différente et les règles fiscales changent. Pour votre situation, consultez un professionnel.

Publié le 6 octobre 2026 par Comptables Bégin & Associés, cabinet CPA à Lévis.

Entrez en contact

Intéressé par nos services?

Commencez dès aujourd’hui et simplifiez votre comptabilité avec notre équipe d’experts!

Contactez-nous
Discussion d'affaires avec un conseiller comptable
Logo Comptables Bégin & Associés
Lien Rapide
À propos Services Contact Blogue Politique de confidentialité
Contact
418 831 2160 info@comptablesbegin.com
155 Rte Marie-Victorin #1, Levis,
Quebec G7A 2T3
© 2026 Comptables Bégin et Associé
Site web conçu par b2web